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Article n° 115 · Le briefing du jour
IllustrationHindsite · Art éditorial

Le porte-avions, le drone et l'ordre qui n'a pas encore été donné

Washington a réuni les moyens d'une frappe, Téhéran a prévenu que toute attaque deviendrait une guerre régionale, et le président qui devrait choisir n'a pas encore choisi.

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Le drone qui s'est approché de trop près

Le drone iranien n'avait pas à frapper le navire. Il lui suffisait de s'en approcher.

En mer d'Arabie, un porte-avions américain, l'USS Abraham Lincoln, a été approché par un drone iranien d'une manière que les récits qualifient d'agressive. Les États-Unis ont abattu l'appareil. À s'en tenir aux comptes rendus, l'engagement est resté limité : un intrus sans pilote, un porte-avions qui n'a pas été touché, et aucun chiffre de victimes avancé par les rédactions qui ont porté la nouvelle. À s'en tenir à la semaine, ce n'était pas mince. Un abattage entre ces deux États n'est jamais seulement une question d'espace aérien et de règles d'engagement. C'est un message déjà délivré, et une décision pas encore prise, qui occupent le même pan de mer.

Les marchés l'ont lu ainsi. L'or est repassé au-dessus de 5 000 dollars après que les États-Unis ont abattu le drone. Un métal précieux ne franchit pas un palier de cette sorte parce qu'un seul appareil téléguidé a été détruit. Il le franchit parce que l'on demande aux opérateurs de faire tenir, dans un seul cours, un porte-avions déjà sur zone, un second dont on parle, un président qui n'a pas ordonné la guerre et une armée qui dit pouvoir en commencer une, et un Guide suprême qui a prévenu que si le coup vient, il ne sera pas contenu.

Le drone, en ce sens, était la semaine rendue visible. Depuis quelque temps, les États-Unis accéléraient une montée en puissance de leur matériel militaire au Moyen-Orient, mesurée en semaines plutôt qu'en jours, tandis que le président Donald Trump envisageait une frappe majeure contre l'Iran. Le Lincoln n'était pas un symbole égaré dans une mer vide. Il était déjà un instrument de cette montée en puissance. Lorsqu'un drone iranien s'est avancé vers lui avec assez d'agressivité pour être abattu, la pression abstraite a trouvé un contact, et le contact a trouvé des témoins. Des médias iraniens et occidentaux, aux politiques différentes et aux publics différents, se sont accordés sur le fait essentiel. Le drone est venu. Le porte-avions était l'Abraham Lincoln. Les États-Unis l'ont abattu. La mer d'Arabie était le lieu.

Ce qu'ils ne pouvaient trancher, parce que personne ne le pouvait encore, c'était à quoi servait cet abattage. Un avertissement délivré au milieu d'une négociation. Un prélude. Un incident que la diplomatie serait priée d'avaler avant une rencontre déjà inscrite au calendrier. Les sources qui ont suivi l'engagement n'ont pas choisi l'une de ces lectures pour écarter les autres. Elles les ont toutes portées. C'est une autre façon de dire que Washington et Téhéran, dans le même cycle d'actualité, se préparaient à parler et se préparaient à se battre.

Porte-avions, escadrons, et un ordre pas encore donné

Le matériel est la part la moins ambiguë de l'histoire, et même le matériel se conjugue à plus d'un temps.

Les États-Unis ont déployé un groupe aéronaval dans la région. Ils ont envoyé le 494th Fighter Squadron — des F-15E Strike Eagles — au Moyen-Orient, tandis que M. Trump pèse une action contre l'Iran. Ils ont accéléré une accumulation de matériel militaire qui se compte en semaines, pendant qu'il envisage une frappe majeure. CNN a décrit le matériel désormais positionné dans la région ; la liste elle-même est un acte de reportage, et le fait qu'une telle liste puisse s'écrire est le fait politique qui compte ici. Des responsables américains ont déclaré à Reuters que l'armée se prépare à des opérations pouvant durer des semaines contre l'Iran si le président ordonne une attaque. Des responsables du Pentagone ont dit que la force est prête à frapper dans la semaine qui vient. Le même reportage précise que M. Trump n'a pas encore pris la décision. Et il a donné instruction à son équipe de préparer ce que son propre langage appelle un « plan militaire décisif ».

Lues dans l'ordre, ces phrases font apparaître une forme. Ce n'est pas un raid monté dans la nuit et lancé avant que l'actualité puisse le rattraper. C'est une montée en puissance décrite, à plusieurs reprises, en semaines : des semaines de matériel en mouvement, des semaines d'opérations envisagées si l'ordre vient, une disponibilité mesurée à la semaine qui vient, et une décision qui reste, selon le compte du Pentagone, non prise. La distinction est toute la politique. Une armée qui est prête est un fait de capacité. Un président qui n'a pas décidé est un fait d'autorité. Les sources prennent soin de maintenir les deux faits en vie, et une lecture sérieuse doit refuser que l'un annule l'autre.

Le second porte-avions est l'endroit où le reportage se défait, et cette faille mérite d'être nommée plutôt que gommée.

M. Trump a annoncé son intention d'envoyer un second porte-avions au Moyen-Orient. Une partie des papiers les plus en vue va plus loin, et décrit l'envoi comme déjà engagé : un second groupe aéronaval dépêché pour accroître la pression sur l'Iran. D'autres textes, dans le même cycle, le montrent encore en train de peser ce déploiement, et de le peser alors que des pourparlers avec Téhéran sont en vue. La colonne vertébrale corroborée du récit, c'est l'annonce de projets, non une arrivée accomplie. Un projet annoncé est déjà un instrument. Il déplace les marchés, il déplace les déclarations iraniennes, il déplace les ministres des Affaires étrangères alliés. Ce n'est pas la même chose qu'un second pont d'envol sur zone. Le cadrage du Guardian — selon lequel le but du mouvement est d'accroître la pression — est cohérent avec tout le reste de la semaine. La pression est la politique que l'on peut mener sans décision de frapper. C'est aussi la politique qui rend une frappe plus facile à ordonner ensuite, parce que les pièces sont déjà en train d'être mises en place.

Telle est l'utilité inconfortable d'une montée en puissance. Elle est réversible en théorie, tenace dans les faits. Des escadrons qui ont été déplacés, des responsables à qui l'on a demandé d'écrire un plan décisif, une armée que l'on a priée d'envisager des semaines d'opérations : rien de tout cela, pris isolément, n'est une guerre. Ensemble, c'est un resserrement. Chaque jour où la force est en posture de frappe est un jour où le choix qui reste au président se dessine avec plus de netteté — parler, ou employer ce qui a été réuni — et se défait à plus haut prix. Les sources ne disent pas qu'il a choisi. Elles disent que l'assemblage est avancé.

Iran International, citant CNN, a formulé le caractère non décidé du moment dans la langue la plus nette qui soit : M. Trump n'avait pas encore décidé de commencer une guerre. C'est une phrase qui serait banale une semaine ordinaire. Elle ne l'est pas lorsque l'alternative s'est vu donner un calendrier, un numéro d'escadron et le nom d'un porte-avions.

La diplomatie sur un calendrier militaire

L'autre voie n'est pas une rumeur. Elle est programmée, nommée, conditionnée — et elle court les mêmes jours que la montée en puissance.

CBS a rapporté que des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran étaient prévus vendredi à Oman, et l'a rapporté dans la foulée immédiate de l'abattage. Al Jazeera a indiqué que les deux parties devaient tenir des discussions alors même que M. Trump menaçait d'user de la force et imposait des sanctions. France 24 l'a décrit dans l'espoir d'un accord, après que Téhéran eut averti d'une guerre régionale. Séparément, L'Orient-Le Jour a rapporté que Witkoff et Kushner représenteraient les États-Unis dans des pourparlers nucléaires à Genève. Ce ne sont pas, à s'en tenir aux sources, manifestement la même rencontre racontée de quatre façons. Oman un vendredi et Genève avec deux représentants nommés peuvent être un processus ou deux. Le matériau ne permet pas à qui écrit de les rabattre dans une seule salle. Ce qu'il permet de dire, c'est que des responsables américains et iraniens étaient, dans cette même période, publiquement engagés sur un chemin de pourparlers, et que ce chemin était décrit par des médias qui décrivaient en même temps des porte-avions.

Les conditions attachées à ces pourparlers font partie du fond, non d'une note en bas de page. Marco Rubio a déclaré que les États-Unis sont « prêts » à rencontrer l'Iran, et que les discussions doivent porter sur le programme de missiles balistiques. C'est un élargissement du dossier. Une négociation qui doit englober les missiles aussi bien que la question nucléaire est une négociation qui a plus de manières d'échouer, et plus de manières, si elle aboutissait, de peser. Les sources ne rapportent pas une acceptation iranienne de cette condition. Elles rapportent une insistance américaine, formulée dans la même saison où un drone est abattu au large d'un porte-avions. Que l'exigence sur les missiles soit une condition de la rencontre d'Oman, des pourparlers de Genève, ou de l'entretien en général, le reportage ne le départage pas finement. L'exigence, elle, est au dossier.

Le récit que M. Trump fait lui-même de ses intentions, tel que plusieurs médias le reprennent, tient les deux portes ouvertes. Il a voulu traiter le problème du programme nucléaire iranien par la diplomatie. Il dispose aussi d'autres options. Dans une adresse au Congrès, il a dit qu'il ne permettrait pas au régime iranien d'obtenir une arme nucléaire. La phrase est absolue. La méthode, dans son récit, ne l'est pas. La diplomatie est la préférence qu'il affiche. La force est l'option qu'il se refuse à retirer. Le plan militaire qu'il a demandé, c'est l'option rendue concrète.

Il y a une phrase de plus, et elle ne s'installe pas aisément dans une lecture purement diplomatique. D'un changement de gouvernement à Téhéran, M. Trump a dit qu'« il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver ». La BBC a rendu la pensée plus platement encore : un changement de régime « serait la meilleure chose qui puisse jamais arriver ».

« Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver. » M. Trump, à propos d'un changement de gouvernement en Iran.

Un président qui dit cela ne cherche pas seulement à limiter un programme nucléaire. Il affiche une préférence sur qui gouverne l'Iran. Téhéran entendra cette préférence comme le but véritable, qu'elle soit ou non le but opérationnel de la semaine qui vient. Les sources ne lèvent pas l'ambiguïté. Elles la consignent. On peut vouloir un accord et croire en même temps que le gouvernement d'en face ne devrait pas survivre. On a déjà négocié sous cette double pensée. Moins de négociations ont survécu à la conviction de l'autre camp que la seconde pensée était la première.

L'abattage n'a pas, selon les reportages, annulé la rencontre. C'est en soi un fait qui mérite qu'on s'y arrête. Des pourparlers prévus après qu'un drone a été détruit sont des pourparlers menés sous une démonstration. Chaque camp peut soutenir que la démonstration prouve son sérieux. Chaque camp peut aussi soutenir qu'elle prouve que l'autre ne peut se voir confier une pause. Oman, si le récit de CBS tient, n'allait jamais être une salle tranquille. Ce devait être une salle avec un porte-avions et un appareil abattu juste derrière la porte. Genève, si l'autre récit tient, devait être une table nucléaire avec le même matériel en toile de fond. Les lieux diffèrent. Le temps qu'il fait au-dessus des deux, non.

Les États-Unis sont prêts à la rencontre, a dit Marco Rubio — et la rencontre, si elle a lieu, devra englober le programme de missiles balistiques aussi bien que le dossier nucléaire.

La réponse de Téhéran

L'Iran n'a pas répondu à la montée en puissance par le silence, et il n'y a pas répondu d'un seul instrument.

Le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a averti que si les États-Unis attaquaient l'Iran, le résultat serait un conflit régional. L'avertissement est assez largement repris pour figurer dans la colonne corroborée de ce récit, non dans la marge. Il a aussi dit que l'Iran pourrait couler des navires de guerre américains. Une rédaction a situé la menace dans le Golfe. Le Boston Herald, regardant le même déséquilibre, est parvenu à un jugement qu'il faut porter comme un jugement, et non comme un fait de physique : l'Iran serait en infériorité de feu dans toute guerre avec les États-Unis, mais pourrait encore infliger une douleur considérable.

Le désaccord mérite d'être tenu ouvert, parce qu'il est l'argument stratégique en miniature. Khamenei affirme une capacité à couler des navires américains. Une évaluation occidentale, dans le même cycle d'actualité, concède la douleur et refuse la parité. Entre ces deux phrases se tient le problème qu'aucun des deux camps ne peut dissoudre d'un mot. Le matériel américain, tel qu'il est assemblé, est l'instrument le plus lourd. La géographie iranienne, les missiles iraniens, les forces iraniennes dans des eaux resserrées, et une volonté affichée d'élargir l'affrontement sont les raisons pour lesquelles un instrument plus lourd ne garantit pas une guerre à bon marché. Les sources n'offrent pas de plan de campagne. Elles offrent cet avertissement, répété, et cette estimation dissidente de ce que vaut l'avertissement.

Les forces armées iraniennes, de leur côté, ont dit qu'elles sont prêtes à affronter les menaces extérieures, et que toute erreur de calcul de l'autre camp pourrait ouvrir la porte à une réponse rapide et décisive. « Toute erreur de calcul » est une formule qui accomplit un travail considérable. Elle couvre le drone qui s'est approché de trop près, et elle couvre ce que les États-Unis pourraient faire ensuite. C'est aussi une formule qui abaisse le seuil de la faute. Si la réponse se définit comme la réplique à une erreur de calcul, alors celui qui bouge — ou dont on dit qu'il a bougé — possède l'escalade, et celui qui répond ne possède que la nécessité. Les deux capitales parlent couramment cette grammaire. L'incident de la mer d'Arabie s'écrira, à Téhéran, comme un acte américain ou comme une sonde iranienne, selon le public. Il s'écrira, à Washington, comme une approche agressive qui justifiait un abattage. Les faits de l'engagement peuvent être corroborés. La morale, elle, ne le peut pas. Pas encore.

Il y a une réponse maritime aussi bien qu'une réponse verbale. Les Gardiens de la révolution ont lancé des manœuvres dans le détroit d'Ormuz. Une manœuvre n'est pas une fermeture du détroit, et les sources ne prétendent pas qu'elle le soit. C'est un rappel, mis en scène la semaine où l'on discute d'un second porte-avions américain et où un premier est déjà dans la région, de l'eau que l'Iran peut remplir de ses propres forces. Dans le même temps, Newsweek a rapporté que l'Iran s'est retiré au dernier moment d'un exercice naval avec la Chine et la Russie. Les deux informations ne doivent pas être forcées dans une théorie unique que le matériau ne fournit pas. On peut les poser côte à côte. Téhéran manœuvrait dans le détroit et, selon un récit, se retirait d'un exercice de parade avec les deux puissances le plus souvent décrites comme sa compagnie stratégique. Un État qui prépare son opinion à un choc possible avec les États-Unis peut vouloir la scène pour lui seul. Il peut aussi vouloir ne pas mêler des partenaires qui n'ont aucune intention d'être mêlés. Le reportage nous laisse voir le choix des scènes. Il ne nous laisse pas voir le procès-verbal de la décision.

L'Europe a été tirée dans l'échange par une autre voie. Après que l'Union européenne a désigné le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, l'Iran a désigné les armées européennes comme « groupes terroristes », en représailles. La symétrie est rhétorique, et elle est voulue telle. Une désignation répondue par une désignation ne déplace pas un bataillon. Elle déplace le climat diplomatique dans lequel toute frappe américaine serait jugée, et dans lequel toute capitale européenne serait priée de choisir son camp. L'Allemagne, dans le même temps, a mis en garde contre une intensification de l'espionnage iranien visant la Bundeswehr. On demande à un lecteur européen de tenir deux images en même temps : des armées étiquetées terroristes par Téhéran, et une armée allemande avertie qu'elle fait l'objet d'une attention renforcée des services iraniens. Aucune des deux images n'est une prédiction de guerre. Toutes deux décrivent une relation qui a quitté le domaine des frictions diplomatiques ordinaires.

Si les États-Unis attaquaient, a averti l'ayatollah Ali Khamenei, le conflit ne resterait pas une affaire entre deux États. Il deviendrait une guerre régionale.

Le titre de France 24 tenait les deux moitiés de la semaine sur une seule ligne : M. Trump dans l'espoir d'un accord, après l'avertissement de Téhéran d'une guerre régionale. L'espoir n'est pas un engagement. Un avertissement n'est pas un coup de feu tiré en réponse. Mais une négociation conduite sous une menace explicite de régionalisation est une négociation dont le pire a déjà été raconté. Khamenei a dit à Washington, et dit aux voisins, à quoi ressemblerait selon lui l'élargissement. Les voisins n'ont pas besoin que l'on remplisse les détails pour comprendre qu'on les inscrit dans le scénario.

Le dossier qui a commencé en 2018

Rien de tout cela ne commence avec le drone. Le drone est le dernier contact d'un différend qui porte une date.

Les États-Unis se sont retirés de l'accord nucléaire historique avec l'Iran — l'accord des années Obama — en 2018. Ce retrait est la charnière sur laquelle la crise présente pivote encore. Tout ce qui a suivi a été une tentative, par les sanctions, par les menaces, par des pourparlers intermittents, et maintenant par une montée en puissance militaire visible, d'obtenir depuis l'extérieur de l'accord ce que l'accord était conçu pour obtenir depuis l'intérieur : une limite au programme nucléaire iranien à laquelle Washington soit prêt à se fier. Le récit que M. Trump fait des années intermédiaires comprend une affirmation, rapportée par NBC, selon laquelle il a « anéanti » le programme nucléaire de l'Iran. Le même reportage note qu'il menace à présent de bombarder l'Iran de nouveau. La juxtaposition est l'histoire que l'on raconte, et c'est une histoire qu'un lecteur peut tenir sans arbitrer l'état technique du programme, que ces sources n'établissent pas.

Un président qui dit qu'un programme a été anéanti, et qui dans le mouvement suivant menace de le bombarder, dit deux choses à son public. La première, que la force agit. La seconde, que le travail n'est pas fini. La seconde phrase révise la première sans le dire. Si le programme avait pris fin au sens que suggère le verbe « anéanti », une menace neuve de bombardement serait une menace contre une ruine. Que la menace soit formulée, que des pourparlers s'organisent autour du dossier nucléaire, et que Rubio ajoute les missiles à l'ordre du jour, suggère que Washington ne tient pas le dossier pour clos. Les sources laissent à d'autres la vérité technique. Elles établissent la vérité politique : l'affirmation d'un succès passé et la menace d'une force à venir sont portées ensemble, et la seconde fait au moins autant de travail que la première.

Le versant économique du même différend a ses propres chiffres, et il faut les porter comme des affirmations, non comme des comptes certifiés. Hassan Rouhani a dit que les sanctions ont coûté à l'Iran 200 milliards de dollars de recettes. Que ce chiffre résiste ou non à une comptabilité plus sévère, c'est l'échelle à laquelle un ancien président iranien a décrit le prix des années écoulées depuis que l'on a quitté l'accord. M. Trump, dans la crise présente, a aussi visé une banque en Iran, un coup financier rapporté dans le même mouvement que l'instruction de préparer un plan militaire décisif. Les rédactions qui ont porté l'affaire de la banque ne l'ont pas séparée de l'affaire militaire. Sanctions et sorties sont évoquées comme une seule boîte à outils. Ce n'est pas nouveau dans la politique américaine à l'égard de l'Iran. Ce qui est plus net, dans le reportage de cette semaine, c'est le peu d'écart que les récits trouvent entre la boîte à outils et la décision d'en user jusqu'à son bout militaire.

L'ajustement de l'Inde a sa place dans ce chapitre, parce que l'énergie est le point où une crise de cette nature cesse d'être l'histoire de deux capitales. L'Inde infléchit sa politique énergétique sous la pression géopolitique, réduisant ses importations de pétrole en provenance de la Russie et de l'Iran et augmentant celles en provenance du Venezuela. Le fait corroboré, c'est le sens du mouvement, non les volumes, ni les contrats. Même ainsi, le sens est éloquent. Un grand acheteur asiatique réagence ses barils en s'éloignant de deux fournisseurs sous forte pression occidentale, et en se tournant vers un troisième qui a lui-même été l'objet d'un long débat américain sur les sanctions et la reconnaissance. Quand un acheteur de la taille de l'Inde change de fournisseurs parce que la politique autour de l'Iran et de la Russie est devenue trop coûteuse pour qu'on l'ignore, la crise a déjà quitté la mer d'Arabie. Elle est dans les décisions commerciales d'un gouvernement qui préférerait ne pas avoir à choisir, et qui choisit malgré tout.

Le dossier nucléaire, donc, n'est pas un prétexte inventé pour cette montée en puissance. C'est le centre déclaré de la politique américaine, redit par M. Trump au Congrès : il ne permettra pas au régime iranien d'obtenir une arme nucléaire. Rubio a ajouté les missiles à l'ordre du jour de toute discussion. Le retrait de 2018 a retiré l'accord qui devait faire de l'objectif nucléaire une affaire de vérification plutôt que d'ultimatum. Ce qui reste, c'est la pression — financière, diplomatique, et maintenant ostensiblement militaire — et une négociation qui tente de reconstituer, à Oman, à Genève ou dans les deux, quelque chose dont les États-Unis eux-mêmes se sont détournés. Les sources ne disent pas que les pourparlers échoueront. Elles disent qu'on leur demande de porter une charge plus lourde qu'un cessez-le-feu après un incident de drone. On leur demande de porter la question nucléaire, la question des missiles, et la question de savoir si l'homme d'en face croit que le meilleur dénouement est que le gouvernement de son vis-à-vis cesse d'exister.

Cette dernière charge est peut-être celle que la table ne peut pas porter. Une négociation peut survivre à des positions d'ouverture dures. Elle survit plus difficilement à une déclaration publique, venue du plus fort, selon laquelle l'éviction de l'autre serait le meilleur résultat disponible. Les responsables iraniens qui lisent M. Trump cette semaine ne manquent pas de matière. Ils ont le porte-avions. Ils ont l'escadron. Ils ont le plan décisif. Ils ont la banque. Ils ont la formule sur le changement de régime. Ils ont aussi, s'ils veulent s'en servir, sa déclaration selon laquelle il préférerait traiter le programme nucléaire par la diplomatie, et celle de Rubio selon laquelle Washington est prêt à la rencontre. La difficulté n'est pas le manque de signaux. C'est que les signaux pointent dans plus d'une direction, et que l'on demande à Téhéran de parier sur celui qui est le vrai, une guerre régionale étant le prix annoncé d'un mauvais pari.

Deux mille, et les gouvernements qui observent

Il y a un autre Iran dans cette histoire, et ce n'est pas l'Iran des porte-avions et des centrifugeuses — l'inventaire technique n'est, de toute façon, pas ce que ces sources établissent. C'est l'Iran de la rue.

Environ 2 000 personnes ont été tuées dans des manifestations à l'échelle du pays. Le chiffre est rond, il est atroce, et il est corroboré dans le matériau que nous avons sous les yeux. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont condamné la répression brutale du peuple iranien par les autorités iraniennes. Une déclaration commune de cette sorte est le minimum qu'émet un groupe de ce genre lorsqu'il veut être consigné et ne veut pas encore être dans l'affrontement. C'est aussi, cette semaine, un document qui sera lu à côté de bâtiments de guerre américains. La condamnation du G7 et un porte-avions en mer d'Arabie ne sont pas la même politique. On peut les faire passer pour une seule, et c'est pourquoi la distinction doit rester tranchée. Condamner une répression n'est pas autoriser une frappe. Masser une force de frappe n'est pas, en soi, répondre des morts. La semaine a produit les deux actes. Elle n'a produit, d'aucun des gouvernements concernés, une phrase qui les relie honnêtement.

M. Trump a parlé sans détour au moment des manifestants. Tandis qu'ils faisaient face à ce que PBS a décrit comme une répression sans merci, il a dit que l'aide était « en route ». La formule est une promesse. Les sources ne précisent pas l'aide. Un lecteur à qui l'on vient de parler de F-15 et d'un plan militaire décisif entendra des avions dans la promesse. Un lecteur à qui l'on vient de parler du vendredi à Oman entendra la diplomatie, ou des sanctions, ou quelque chose qui n'aura jamais à être défini. Les deux lectures sont ouvertes parce que le président a laissé les deux instruments sur la table. Ce que la formule établit, c'est que la crise intérieure — les morts, la répression, la condamnation du G7 — a été tirée dans la crise extérieure. Téhéran est pressé, dans la même saison, sur son programme nucléaire, sur ses missiles, sur le traitement qu'il réserve aux siens, et sur un drone en mer d'Arabie. Un gouvernement peut répondre à l'une de ces pressions par une concession. Répondre à toutes en même temps, tandis qu'on lui dit que sa propre disparition serait le meilleur dénouement, est une autre tâche.

Volodymyr Zelensky a tracé une ligne que la rhétorique même de Washington brouille parfois. À la veille de possibles frappes américaines, le président ukrainien a soutenu une action contre le régime iranien, « pas contre le peuple ». La distinction est moralement familière et opérationnellement difficile. Elle compte ici parce que M. Trump a dit qu'un changement de gouvernement en Iran semblerait être la meilleure chose qui puisse arriver. Une politique visant un régime, et une politique qui essaie de ne pas être une politique contre un peuple, ne sont plus automatiquement la même dès que des bombes entrent dans la conversation. La formule de Zelensky est une demande qu'on les maintienne identiques. Le matériau ne dit pas si Washington a accepté la demande. Il dit que la demande a été faite, en amont d'une frappe possible, par un dirigeant que sa propre guerre a instruit de la facilité avec laquelle les deux formules se séparent. Le cadrage du Kyiv Independent est lui-même un indice : il a rapporté ses mots comme prononcés à la veille de possibles frappes américaines, non à la veille d'une paix arrêtée.

La position de l'Europe est pareillement en strates, et pareillement non tranchée par les sources. Le G7 condamne la répression. La désignation des Gardiens de la révolution par l'Union européenne a reçu pour réponse la désignation, par l'Iran, des armées européennes. L'Allemagne alerte sur l'espionnage visant ses propres forces armées. Aucun de ces faits n'est un engagement à rejoindre une campagne américaine. Tous sont des raisons pour lesquelles une campagne, si elle était ordonnée, ne se déroulerait pas dans un vide politique. Des alliés qui ont déjà étiqueté les Gardiens comme organisation terroriste, et qui condamnent déjà la mort de manifestants, devront dire à quoi servaient l'étiquette et la condamnation. Certains répondront qu'elles servaient une pression en deçà de la guerre. D'autres trouveront cette réponse plus difficile à tenir si des avions américains sont envoyés. Les sources s'arrêtent avant ce choix. Elles montrent le terrain où il se fera, et elles montrent que le terrain est déjà disputé — non entre Washington et Téhéran seuls, mais au sein de la coalition à laquelle on demanderait d'en vivre les suites.

Le basculement indien a aussi sa place dans cette galerie d'observateurs, encore que ce soit une observation d'un autre ordre. New Delhi ne publie pas de condamnations dans ce matériau, et n'offre pas de navires. Elle déplace du pétrole. C'est un verdict plus silencieux, et à certains égards plus dur. Un État qui réduit ce qu'il achète à l'Iran fait un calcul sur le risque, sur la pression, et sur le coût d'être vu en train de cautionner un fournisseur que Washington menace de bombarder. Le calcul n'exige pas que New Delhi avalise une frappe. Il exige seulement que New Delhi refuse de se retrouver le baril entre les mains si la frappe vient, ou si les sanctions qui l'entourent se resserrent encore. La géopolitique, à ce stade, a déjà eu lieu. Elle a eu lieu dans un bon de commande.

Un ordre non décidé

Quel est donc l'événement ? Il est tentant d'y voir un compte à rebours, et le matériau n'autorise pas tout à fait le mot.

Un compte à rebours suppose une heure connue. Ici, l'heure a été refusée, du moins en public, par l'homme qui devrait l'autoriser. Des responsables du Pentagone disent que la force peut partir dans la semaine qui vient. Ils disent aussi que la décision n'a pas été prise. Des responsables qui s'expriment auprès de Reuters décrivent des préparatifs d'opérations qui pourraient durer des semaines, si l'ordre est donné. M. Trump dit qu'il préférerait traiter le programme nucléaire par la diplomatie, et il dit qu'il a d'autres options, et il dit qu'un changement de régime semblerait être la meilleure chose qui puisse arriver, et il dit qu'il ne permettra pas une arme nucléaire, et il a une équipe qui rédige un plan décisif. Ce ne sont pas des contradictions qu'un secrétaire de rédaction peut mettre au propre. C'est la politique, telle qu'elle se dit : pression maximale, ambiguïté maximale, matériel maximal.

La politique de Téhéran, telle qu'elle se dit, en est le reflet inversé. Des pourparlers sont prévus, et une guerre régionale est brandie si l'on choisit l'alternative aux pourparlers. Des navires de guerre peuvent être coulés, dit le Guide suprême. Les forces armées répondront à une erreur de calcul de façon rapide et décisive. Les Gardiens manœuvrent à Ormuz. Les armées européennes sont réétiquetées. Un exercice naval avec la Chine et la Russie est, selon un récit, abandonné au dernier moment. Un État qui fait tout cela à la fois ne recherche pas la paix au sens simple, et il ne lance pas, sur les éléments que nous avons devant nous, une guerre. Il cherche à renchérir le prix de la décision que Washington n'a pas prise, dans l'espoir que le prix décidera à sa place.

Le drone est le point où cette surenchère réciproque a produit un contact. Un appareil sans pilote s'est approché d'un porte-avions nommé avec assez d'agressivité pour être détruit. L'or a franchi les 5 000 dollars. Une rencontre restait inscrite au calendrier. Un escadron de Strike Eagles était sur le théâtre. Un second porte-avions avait été annoncé, décrit comme dépêché, ou encore en balance, selon la rédaction que l'on lit — et ce désaccord entre des médias sérieux ne devrait pas être récrit en une fausse fluidité. Environ deux mille Iraniens étaient morts dans des manifestations que le G7 a qualifiées de répression brutale, et une promesse d'aide avait été faite sans que l'on en précise la forme. L'Inde réagençait son pétrole. Une banque en Iran avait été visée. L'accord nucléaire de 2018 restait ce qu'il est depuis le jour où Washington l'a quitté : une absence autour de laquelle tout le reste continue de s'ordonner.

Un article de fond peut être tenté, à ce point, de prédire. Le pli d'un jour comme celui-ci, c'est la fausse certitude — la guerre arrive, ou l'accord arrive, ou le drone était le dernier malentendu avant l'un ou l'autre. Les sources que nous avons vraiment ne délivrent pas cette certitude, et l'inventer serait un mauvais service habillé en autorité. Ce qu'elles délivrent, c'est une structure. La force a été réunie à un degré que des responsables acceptent de décrire comme une aptitude à attaquer dans la semaine, et comme une préparation à une campagne qui se mesure en semaines. La diplomatie a été réunie à un degré que des lieux, un jour de la semaine et des représentants nommés sont imprimés. L'avertissement iranien a été réuni à un degré que « guerre régionale » et le naufrage de navires de guerre américains ne sont pas des remarques de marge, mais des propos largement repris. Et la décision qui choisirait entre ces assemblages a été décrite, par ceux qui en sont le plus proches, comme non encore prise.

Ce dernier fait est celui qui devrait gouverner la lecture de tous les autres. Une montée en puissance sans ordre est une forme de pouvoir et une forme de danger. C'est un pouvoir parce qu'elle change ce que l'autre camp doit supposer, et ce que les alliés, les marchés et les acheteurs de pétrole doivent mettre dans leurs prix. C'est un danger parce que des forces qui ont été déplacées, des plans qui ont été écrits, et des publics à qui l'on a dit que l'aide est en route acquièrent tous un élan qui leur appartient. L'Abraham Lincoln a déjà connu un engagement. Le prochain, s'il y en a un, ne s'expliquera pas comme un accident de proximité. Il s'expliquera comme la décision qui, cette semaine, était encore retenue — ou comme le moment où l'on a cessé de la retenir.

Il y a un danger de plus, plus silencieux et plus facile à manquer. L'ambiguïté du genre que pratique M. Trump peut rester un atout de négociation jusqu'à l'heure où elle devient un malentendu. On dit à Téhéran que Washington est prêt à la rencontre, et que la rencontre doit s'élargir aux missiles, et que la force reste sur la table, et qu'un changement de régime serait bienvenu, et que l'armée est prête dans la semaine qui vient, et qu'aucun ordre n'a été donné. Un gouvernement qui croit la dernière de ces phrases peut agir de façons qui rendent les précédentes caduques. Un gouvernement qui ne croit pas la dernière peut traiter le drone, le porte-avions et l'escadron comme une séquence déjà engagée, et répondre en conséquence. Khamenei a dit ce qu'il croit que serait cette réponse. Rubio a dit ce qu'il croit que les pourparlers doivent inclure. Aucune des deux déclarations ne réduit la probabilité que chaque capitale lise le prochain geste de l'autre comme l'erreur de calcul qu'elle a déjà promis de punir.

Tant que l'ordre n'est ni donné ni retiré, le récit honnête est le récit encombré. Des porte-avions et des représentants. Un drone abattu et une rencontre annoncée pour Oman. Un Guide suprême qui promet une guerre régionale et un président qui se dit dans l'espoir d'un accord. Un escadron en place et un ordre non signé. Une rue où environ deux mille personnes sont mortes, et une formule — l'aide est en route — qui n'a pas encore été traduite en méthode. Le Moyen-Orient a déjà traversé des semaines qui ressemblaient à celle-ci. Il a aussi traversé les semaines d'après, lorsque l'ordre non signé a été soit rangé, soit employé. Rien dans le matériau ne nous dit laquelle de ces semaines est celle-ci. Tout dans le matériau nous dit que le choix n'est plus abstrait, et qu'il porte désormais le nom d'un porte-avions.

Le nom est l'Abraham Lincoln. L'eau est la mer d'Arabie. L'appareil qui est venu vers le navire n'est pas rentré. Ce qui vient ensuite n'est pas encore un fait. C'est une décision, et les sources, pour tout le matériel qu'elles décrivent et tous les avertissements qu'elles portent, sont unanimes sur un seul point à son sujet : elle n'a pas, à la date de ce reportage, été prise.

Sources

  1. Iran International — آمریکا پهپاد ایرانی را که به ناو «آبراهام لینکلن» نزدیک شده بود سرنگون کرد
  2. France 24 — US ‘ready’ to meet Iran, says Rubio, but talks must address ballistic missiles programme
  3. BBC — Gold rebounds above $5,000 after US downs Iran drone
  4. Fox News — US military shoots down Iranian drone approaching USS Abraham Lincoln in Arabian Sea, official says
  5. Wanaen — Iran: Any Miscalculation Will Open the Door to Action
  6. CBS News — U.S. -Iran talks planned for Friday in Oman after U.S. shoots down Iranian drone - CBS News
  7. Al Jazeera — Iran designates EU armies 'terrorist groups' in retaliatory move
  8. France 24 — Trump hopeful of Iran deal after Tehran warns of regional war
  9. Bahar News News Agency — تغییر رویکرد نفتی هند
  10. Baharnews — تغییر رویکرد نفتی هند - بهار نیوز
  11. NBC News — Trump said he 'obliterated' Iran's nuclear program. Now he's threatening to bomb Iran again.
  12. Radiofarda — Rouhani Says Sanctions Have Cost Iran $200 Billion In Revenues
  13. CNN — Trump withdraws from Iran nuclear deal: Live updates
  14. Iran International — سی‌ان‌ان: ترامپ هنوز تصمیمی برای شروع جنگ نگرفته است
  15. Iran International — ترامپ سخنرانی سالانه در کنگره آمریکا: اجازه نخواهم داد رژیم ایران به سلاح هسته‌ای دست یابد
  16. The Kyiv Independent — Ahead of possible US strikes, Zelensky backs action against Iran's regime, 'not against the people'
  17. Al Jazeera — Iran, US set to hold talks as Trump threatens force, imposes sanctions
  18. CNN — US sending second aircraft carrier group to Middle East, sources say
  19. Iran International — رویترز: ارتش آمریکا در حال آماده‌سازی برای عملیات احتمالی چند هفته‌ای علیه ایران است
  20. Lorientlejour — Witkoff, Kushner to represent US in Iran nuclear talks in Geneva
  21. The Hindu — U.S. Military preparing for potentially weeks-long Iran operations
  22. The Guardian — Trump sends second aircraft carrier to Middle East in effort to increase pressure on Iran
  23. BBC — Trump: Iran regime change 'would be the best thing to ever happen'
  24. Euronews — Germany warns of increased Iranian espionage targeting the Bundeswehr
  25. Airandspaceforces — US Sends F-15s to Middle East as Trump Weighs Action Against Iran
  26. Jns — Trump targets bank in Iran
  27. Jns — Trump targets bank in Iran
  28. CNN — Here’s what military equipment the US has positioned in the Middle East as Trump considers an Iran strike | CNN Politics
  29. CNN — Here's what military equipment the US has positioned in the Middle East as Trump considers an Iran strike
  30. Canada — Joint G7 Foreign Ministers' Statement on Iran
  31. Bostonherald — Iran would be outgunned in any war with the US but could still inflict considerable pain
  32. Siasat — Iran's Khamenei threatens to sink US warships in Gulf
  33. PBS — As Iran protesters face ruthless crackdown, Trump says help 'on its way'
  34. Newsweek — Iran pulls out of naval exercise with China, Russia at last minute: Report
  35. Middleeastmonitor — Trump weighs sending 2nd aircraft carrier to Middle East amid talks with Iran
  36. Deutsche Welle — Iran's Revolutionary Guards launch Strait of Hormuz drills
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samedi 17 octobre 2026Parcourir les archives →