Le consulat israélien à Istanbul se trouve sur l'avenue Büyükdere de Maslak, qui n'est pas un quartier diplomatique — c'est un canyon de tours de verre abritant banques et holdings. Le bâtiment a été évacué de son personnel il y a longtemps ; la plaque, imagine-t-on, est astiquée moins souvent que celles des halls d'entrée des bureaux à l'étage. La diplomatie a horreur du vide, mais il se trouve qu'un consulat vide fait un bruit considérable lorsque trois hommes armés se présentent à sa porte.
France 24 nous apprend [18] que près de 200 personnes ont été arrêtées dans le coup de filet qui a suivi. C'est beaucoup d'arrestations pour la violence d'une seule matinée. C'est aussi — voici une réflexion — un nombre qui contient des multiples : les assaillants venus, les policiers qui ont répondu, les enquêteurs qui ont ratissé la ville, puis un grand nombre d'autres personnes qui se trouvaient ailleurs au moment des faits mais sont désormais en garde à vue. L'arithmétique d'une enquête antiterroriste n'est jamais un pour un.